




(La version française suit la version anglaise)
I gained access to the storage rooms of the Goya Museum in Castres, France. With my 400-megapixel camera, I photographed each of the eighty engravings that make up Francisco de Goya’s The Disasters of War, The Caprices, and the twenty-two engravings that make up The Disparates, which I then superimposed into an ensemble, or image. I printed the results in very large format, multiplying the size of the original works by ten, in order to provoke a physical encounter with the viewer similar to that imposed by Goya’s Black Paintings series—but here without iconography and without images, or with all of Goya’s images and ghosts. The dreamlike quality, violence, grotesqueness, and tragedy of these bodies of work are compressed here into a single image haunted by specters whose presence can only be guessed at. Lodged between “too much” and disappearance, this work is a continuation of my recent and current research, in particular Matière noire [Dark Matter], both an attempt to exhaust the act of photography and a meditation on finitude. — Read Artist Statement.
Superimposing The Disasters of War is a project that has haunted me for years. While Russia’s invasion of Ukraine and the situation in Gaza and the Middle East are not the original reasons for this project, these tragedies nonetheless exacerbate my sense of urgency and necessity. At this very moment, in the real world, in Ukraine, the Middle East, Soudan, and elsewhere, the disasters of war continue to pile up. All the Disasters of War shows perhaps what we do not see, or what we do not want to see.
My very special thanks to Joëlle Arches, director of Musée Goya in Castres, the Künstlerhaus Bethanien, the Conseil des arts et des lettres du Québec and the Canada Council fo the Arts.
— VERSION FRANÇAISE —
J’ai accédé aux réserves du Musée Goya à Castres. Avec mon appareil photo qui produit des fichiers de 400 millions de pixels, j’ai photographié chacune des quatre-vingts gravures qui composent Les désastres de la guerre de Francisco de Goya, Les caprices, et des vingt-deux gravures qui composent Les disparates, que j’ai ensuite superposées en un ensemble, ou une image. J’ai imprimé les résultats en très grand format, en multipliant par dix la taille des oeuvres originales, afin de provoquer un corps-à-corps avec le regardeur proche de celui qu’impose la série des tableaux noirs de Goya — mais ici sans iconographie et sans images, ou avec toutes les images et tous les fantômes de Goya. Le caractère onirique, la violence, le grotesque et le tragique de ces corpus sont comprimés ici dans une image-somme hantée par des spectres dont la présence ne se laisse que deviner. Logé entre le « trop-plein » et la disparition, ce travail s’inscrit dans le prolongement du corpus Matière noire, à la fois tentative d’épuisement de l’acte photographique et méditation sur la finitude. — Lire le texte de démarche.
Superposer Les désastres de la guerre est un projet qui m’habite de manière obsédante depuis des années. Si l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la situation à Gaza et au Moyen-Orient ne sont pas à l’origine de ce projet, ces tragédies exacerbent néanmoins chez moi un sentiment d’urgence et de nécessité. En ce moment même, dans le monde réel, en Ukraine, au Moyen-Orient, au Soudan et ailleurs, les désastres de la guerre continuent de s’ajouter les uns aux autres. Tous les désastres de la guerre montre peut-être ce que l’on ne voit pas, ou ce que l’on ne veut pas voir.
Je tiens à remercier très chaleureusement Joëlle Arches, directrice du Musée Goya à Castres, la Künstlerhaus Bethanien, le Conseil des arts et des lettres du Québec et le Conseil des arts du Canada.